Comprendre le chemin de fer
Arrangement des roues

Les locomotives diesel
De nos jours, les essieux « à vide », c'est-à-dire les essieux qui ne font que soutenir le poids de la locomotive, sans participer à l'effort de traction, sont pratiquement disparus. Tous les essieux ont un moteur et servent à faire avancer la locomotive. La procédure d'appellation peut sembler difficile pour les non-initiés, mais elle est très simple: On désigne un essieu motorisé par une lettre. On désigne un essieu non motorisé par un chiffre. La lettre ou le chiffre désigne l'ensemble des essieux contenus dans le bogie (truck).

Le moteur montré sur la photo ci-dessous est un moteur de tramway, mais les moteurs de locomotive sont sensiblement identiques. Le pignon au bout de l'arbre du moteur est relié à un autre pignon, monté directement sur l'essieu des roues. Le rapport entre les deux pignons donne plus de force ou plus de vitesse, selon que la locomotive est une locomotive de train de marchandises ou pour passagers. Ce rapport demeure invariable en tout temps, à moins de changer les pignon dans un atelier.

Moteur

Regardons quelques exemples:

C-C

Dans l'exemple ci-haut, chaque essieu indiqué par une flèche rouge est motorisé. Il s'agit d'un arrangement de type C-C. Le premier C indique qu'il y a trois essieux (car C est la troisième lettre de l'alphabet) et ils sont tous motorisés, parce que C est une lettre. Le trait d'union sert à montrer que nous désignons une locomotive à deux bogies (trucks).

B-B

Dans l'exemple ci-haut, tous les essieux du premier truck sont motorisés (donc nous prendrons une lettre). Il y en a deux (donc, nous prendrons la deuxième lettre de l'alphabet, B). La même chose se répète pour le truck à l'arrière. Nous avons un arrangement de type B-B.

A1A-A1A

Sur l'exemple ci-dessus, il y a dans le premier bogie, un essieu motorisé (en rouge), suivi d'un essieu porteur non motorisé (en jaune), suivi d'un essieu motorisé (en rouge). Le premier essieu sera donc une lettre, la lettre A. Le second essieu est non motorisé. Nous nous servirons donc d'un chiffre pour le nommer, le chiffre 1. Le chiffre indique aussi l'unicité de ce bogie. S'il y avait eu deux bogies non motorisés consécutifs, nous aurions pris le chiffre 2.

Le troisième essieu est motorisé, nous lui attribuerons la lettre A. Encore une fois, le fait de prendre la première lettre de l'alphabet indique l'unicité de cet essieu motorisé. N'oublions pas que lorsque deux essieux motorisés se suivent, nous n'employons pas la nomenclature AA, mais plutôt B.

Le premier bogie de la locomotive sera donc de type A1A. Le second bogie est identique. Cette locomotive a donc un arrangement de type A1A-A1A.

Un exemple légèrement plus complexe. Les locomotives de type « Shuttle » qui font la navette sous La Manche possèdent trois bogies. Sur chaque bogie il y a deux essieux. Chaque essieu est motorisé. Quel est le type d'arrangement de cette locomotive? B-B-B. Le modèle réduit de cette locomotive à l'échelle N est identique, sauf que les essieux du bogie du centre ne sont pas motorisés. Quel est son type d'arrangement? B-2-B.

Avez-vous déjà entendu parler des super locomotives diesel de la Union Pacific des années 1970? Ces locomotives extra longues avaient comme nom de modèle DD40X, DD40EX, etc. Vous pouvez maintenant savoir d'où proviennent les lettres DD au début du nom du modèle. Hé oui! Chaque bogie était composé de quatre essieux, tout motorisés.

Et finalement, certaines locomotives industrielles sont faites sans bogie. Les essieux sont directement sur la locomotive (comme plusieurs wagons européens). Seul l'essieu avant est motorisé. Si on considère la locomotive comme étant monté sur un seul bogie, qui, en fait, est son châssis, quel est son type d'arrangement? A1.


Les locomotives vapeur
Les types d'arrangement de roues des locomotives à vapeur sont bien plus simples que leur pendant diesel. On divise les essieux en trois catégories: essieux pilotes, essieux moteurs et essieux porteurs.

Les essieux pilotes sont les petites roues à l'avant de la locomotive. Elles ne sont pas toujours présentes. Elles guident le devant de la locomotive dans les courbes et les aiguillages. Comme les roues motrices sont très grandes, elles peuvent facilement enjamber les rails. Les essieux pilotes guident donc le devant de la locomotive pour éviter les déraillements.

Les essieux moteurs, ou essieux de traction, sont les grosses roues au centre de la locomotive. On compte un groupe d'essieux lorsqu'ils sont tous attachés ensemble par la bielle. Dans le cas de la « Big Boy », il y a 4 essieux moteurs attachés ensemble à l'avant, puis 4 autres à l'arrière. Il y a donc deux groupes d'essieux.

Les essieux porteurs sont ceux complètement à l'arrière de la locomotive, servant à soutenir le poids de la cabine de pilotage, et du foyer de la locomotive. Elles ne sont pas toujours présentes.

Voici comment on désigne les arrangements de roues: on compte le nombre de roues totales (des deux côtés de la locomotive) de chaque type d'essieu, puis on indique leur nombre en commençant toujours par le devant de la locomotive.

Une locomotive avec 4 roues sur le pilote, 6 roues motrices et 2 roues sous la cabine sera désignée 4-6-2. Les « Big Boy » sont de type 4-8-8-4. S'il n'y a pas de roues dans un groupe, on indique zéro.

Les locomotives de type « américaines » (comme celles dans Lucky Luke) sont de type 4-4-0, car elles n'ont pas de roue sous la cabine de pilotage.

En Europe, c'est le même principe, à une différence (majeure) près: on compte le nombre d'essieux plutôt que le nombre de roues. Les locomotives de type « américaines » (4-4-0) deviendront des locomotives de type 2-2-0.

Les surnoms
Depuis le tout début de l'ère de la vapeur, les locomotives ont reçu des noms. Cette tradition de baptiser des engins nous vient du monde maritime, où chaque bateau à son nom. Probablement un présage de l'homme voulant mettre la bête d'acier de son côté! « The Rocket », « The Lion », « Puffing Billy », « Dorchester », et « John Molson » ne sont quelques-unes des plus célèbres locomotives nommées. Mais avec l'évolution rapide du chemin de fer, on s'est mis à construire plusieurs exemplaires d'un même modèle. C'est pour cette raison que les cheminots ont commencé à donner des surnoms aux arrangements de roues des locomotives vapeur, plutôt que de baptiser chaque unité.

Au lieu de dire une 4-8-2, on dira une « Mountain ». Mais cette méthode est devenue très confuse, car, par exemple, la compagnie New York Central appelait ses 4-8-2 des « Mohawks ». Un autre célèbre exemple de confusion fut le surnom des 2-10-2. On les appelle les « Santa Fe ». Même si elle porte le nom du chemin de fer Santa Fe, les plus illustres de ces locomotives circulaient sur le chemin de fer Baltimore & Ohio. Bien entendu, les surnoms n'ont pas d'équivalent français connu.

Locomotives de triage
four coupled 0-4-0
Six coupled 0-6-0
Eight coupled 0-8-0
Ten coupled 0-10-0
Union
0-10-2
Locomotives de première génération
8 wheeler 4-4-0
American 4-4-0
American Standard 4-4-0
Ten wheeler 4-6-0
Twelve wheeler 4-8-0
Mastodonte
4-10-0
Locomotives de trains marchandise
Mogul 2-6-0
Consolidation 2-8-0
Decapod 2-10-0
Prairie 2-6-2
Mikado 2-8-2
Mike 2-8-2
McArthur (1941 à 1945) 2-8-2
Santa Fe 2-10-2
Berkshire 2-8-4
Texas
2-10-4
Locomotives de trains passager
Columbia 2-4-2
Atlantic 4-4-2
Pacific 4-6-2
Mountain 4-8-2
Mohawk 4-8-2
Overland 4-10-2
Southern Pacific 4-10-2
Union Pacific 4-12-2
Hudson 4-6-4
Baltic 4-6-4
Northern 4-8-4
Greenbriar 4-8-4
Ponoco 4-8-4
Niagara 4-8-4
General Service (GS) 4-8-4
Dixie 4-8-4

Note: Parfois, on utilisait aussi les termes Spoked, Disk, Boxpok, webbed, qui se référait au type de roues, et non à l'arrangement de ceux-ci.

Note: Quelques fois on se servait de locomotives de type « train marchandise » pour tirer des trains de passager et vice-versa.